Pity Z'artistes : des pros de la décroissance
Des petites oeuvres proposées par des « Pity Z'artistes » dans une petite galerie valent bien un.... petit article. Les Pity Z'artistes contribuent par le format de leurs oeuvres - 12 mm x 18 mm - à la décroissance. « À moins, on n'arrive pas à s'exprimer », laisse tomber Patrice Ninon, cofondateur en 2005 du mouvement, avec Serge Kergoat et Jean Tirilly. Cette non-appartenance au grand - « une fabrique d'exclusion » - est inscrite dans le marbre de la charte fondatrice. Pas chiche avec l'autodérision quand elle estime qu'il faudrait 10.000 « Pity Tablos » pour en faire un grand. Un internaute s'est risqué, toutefois, à proposer « de passer, en cas de conflit, au format 14-18 ». Le cadre de l'oeuvre, lui-même, ne permet pas de s'écarter : le bon vieux cache diapositive, avec une recherche menée jusqu'en Suisse pour cause de société de plus en plus numérisée...
À toucher Van Gogh
Le prix est petit aussi : 2 €. À ce train, même le Smic apparaît grand. « En mettant 15- 20 minutes à faire le Pity Tablo, à 2 €, je suis déjà marron », constate Patrice Ninon. Mais l'horizon est sans limite : « L'oeuvre est originale, signée, traitée avec autant de coeur qu'une grande. Et le regard des gens, c'est tellement beau ! ». Aquarelles, encres, huiles, acryliques, tout est possible. Même d'être accroché - 20 secondes, le temps que la « Sécu » réalise - à côté de l'autoportrait de Van Gogh, au musée d'Orsay. Le Pity Tablo peut fréquenter toutes les cimaises, grâce à des Pity complices. « À la fin, on sera les plus exposés au monde. On finira par être énorme alors qu'on est tout petit », s'amuse Patrice Ninon. Plus tard, d'éminents critiques (pour ne pas écrire grands) feront le voyage de La Maison Blanche, le Guggenheim multicolore du Ti Zef. C'est là, au 16 rue de la Soif, que les Pity Z'artistes ont leur galerie, une petite cabane avec 700 oeuvres. « C'est grandement bien », a écrit un visiteur sur le livre d'or. Pratique Ouvert le week-end de 14 h à 21 h. De 19 h à 21 h en semaine normalement. site : www.pityzartistes.fr

Patrice Ninon présente une des 700 oeuvres de la galerie, une petite cabane de la Maison Blanche, située au 16, rue de la Soif.
Sources
Le Télégramme
05/10/2008
Le jeudi 4 septembre 2008, les Pity z'Artistes (Pity Serge et Pity Patrice) seront à radio Breizh Izel à Brest (99.3)
Il ne manqueront pas de vous tenir au courant.
Interview très sympa, à suivre......


26/08/2008
“Pityte” taille mais énaurme sens de la dérision
Pitytablo3 EXPOSITION - Le concept est né en 2005 entre trois artistes iconoclastes du bout du monde (Finistère): Jean Tirilly, Serge Kergoat et Patrice Ninon. Lassés des grands discours sur les grands artistes de grands talents, ils ont inventé un genre totalement inédit en forme de pied de nez: les “pitytes zoeuvres” des “pityzartistes” qui ne se prennent pas au sérieux mais travaillent avec le même soin et la même passion que les plus grands.
“Il y a des marchands d’art comme il y a des marchands d’armes et de balivernes et dans ce milieu, il n’y a que de grands artistes, résume Patrice Ninon. Nous, nous avons vocation à être petits et on l’assume. Celà ne veut pas dire qu’on ne traite pas sérieusement les oeuvres que l’on produit”.
Tout dans le pity art doit en effet être petit. Le format, pas plus de 12mm par 18mm, comme le prix, entre 2 et 3 euros le “pity tablo”. Ce qui n’interdit pour autant aucune technique: crayonnés, aquarelles, acryliques, etc., chaque oeuvre étant dûment signée et numérotée. Depuis le 5 juillet, ce mouvement hors gabarit a en outre sa pityte galerie (2m50 sur 1m50) dans l’une des cabanes de pêcheurs de Maison Blanche, près de Brest. Un village lui-même atypique et haut en couleurs.Pitytablo2_2
“C’est un lieu qui nous convient très bien, où il y a toujours eu beaucoup de solidarité, souligne Patrice Ninon. Et, avec 300 oeuvres, on est finalement une grande galerie, mais d’où chacun, quel que soit ses moyens ou son âge, peut repartir avec un original”.
Ces z’artistes aussi joyeux que subversifs n’hésitent pas en outre à s’exposer dans les plus grands musées du monde où l’accrochage sauvage de leurs z’oeuvres dure généralement moins d’une minute avant que les gardiens n’interviennent (“20 secondes au musée d’Orsay”, précise Patrice Ninon). Ils n’en demandent pas moins à leurs visiteurs “complices” de faire de même dans leur ville afin de devenir un jour les artistes les plus exposés au monde. Comme quoi leur ambition n’a finalement aucune limite!
Pierre-Henri ALLAIN
Plus d'infos: www.pityzartistes.fr
(Pity tablos: P.Ninon)
Catherine Le Guen, journaliste au télégramme de Brest a déniché la pityte galerie ![]()
Maison-Blanche. Les Pity Z’artistes exposent en cabane
Les Pity Z’artistes sont nés en 2005 et ils ont trouvé, cet été, le lieu idéal d’exposition : une pityte cabane de la grève de Maison-Blanche.
« Dans le milieu artistique, on se prend vite trop au sérieux. Lassé d’entendre le discours sur les petits et les grands artistes, j’ai décidé en 2005 que j’étais définitivement un pity artiste », s’amuse Serge Kergoat. Avec son compère Patrice Ninon, il a alors conçu un univers d’art et d’humour.
Format diapositive
Pour aller plus loin dans le délire, ils ont même rédigé une charte qui prône que les Pity Z’artistes n’appartiennent pas au monde des grands artistes, ni à tout ce qui est grand en général. Le grand est haïssable parce qu’il se veut supérieur au petit, réducteur, fabricant d’exclusion. À pity z’artistes, pity format imposé : de 12 par 18 mm, ce qui entre tout juste dans un cache de diapositive devenu cadre. Une trouvaille. Les deux Pity Z’artistes se sont mis au travail et des dizaines de pitytes œuvres sont sorties de leurs imaginations.
Crayons de couleurs, encre, aquarelle, acrylique, toutes ces techniques sont déclinées suivant l’humeur sur papier blanc ou kraft. « On travaille par planche de 24 pitytes œuvres, mais chacune est unique. Le collectionneur glisse 2 ou 3 € dans le tronc pour décoller une pityte œuvre et repartir avec », ajoute Patrice Ninon. C’est lui qui a reçu d’un ami, en cadeau, une cabane sur la grève de Maison Blanche, le numéro 16 de la rue de la Soif. Rien ne s’achète dans le monde des cabanes, et l’ambiance qui y règne se marie bien avec l’esprit frondeur et rieur des Pity Z’artistes. C’était le lieu idéal d’exposition. D’autres artistes les ont suivis et de jeunes stagiaires.
Exposés au Louvre
« Dernièrement, un gamin de 4 ans a acheté sa première œuvre originale. J’ai trouvé ça émouvant. Il y a aussi chez nous des tas de gens qui n’avaient jamais mis les pieds dans une galerie ». Les Pity Z’artistes ne manquent pas non plus de culot : leurs pitytes œuvres ont déjà eu les honneurs des musées d’Orsay et du Louvre. Plein de complices ont promis de transporter des pity tablos dans les plus grands musées du monde. Histoire d’y être exposés ne serait-ce que dix secondes, le temps d’un cliché. Pity, mais ambitieux : devenir les plus exposés au monde !
À noter
Exposition permanente ouverte tous les jours entre 18 h et 21 h et le week-end de 14 h à 21 h. Site, www.pityzartistes.fr
Catherine Le Guen